about

Mon travail est une perpétuelle interrogation, une proposition à la fois sociale, politique et poétique avec le souci de donner à voir le réel tel que je le perçoit : les évènements, l’environnement, les rapports humains, l’impermanence, le caractère provisoire de notre passage dans ce monde. Je voudrais dire le regard et l’engagement esthétique que je porte sur le monde actuel.

Mon travail est un essai qui dénonce l’aliénation présente de l’humanité au travers des thèmes de la solitude ou de la foule, l’absurde, la futilité de l’existence, de l’ennui, de la souffrance, de la peur, de la vieillesse, de la mort, l’univers technocratique, la privation d’avenir, d’ouverture d’un champ de possibles.

L’art offre une issue de secours à l’homme traqué d’aujourd’hui. L’artiste a une responsabilité de témoin avec le devoir de contester, de dénoncer, l’artiste ne peut pas se taire. Je donne à voir au travers de mes esquisses, gravures et dessins, une épure descriptive faisant abstraction de tous détails, une forme similaire à la nouvelle littéraire, des récits très courts, comme autant de nouvelles du monde avec un condensé narratif, excluant la complexité, le fini ou le soigné, au profit d’une intensité émotionnelle. Je laisse venir les images dans un élan.

Vincent Moreau vit et travaille à Lausanne en Suisse. Grâce à une double formation artistique et scientifique, il travaille pendant 30 ans dans le monde entier dans le domaine de l’impression des billets de banque. Il coordonne la création de multiples séries de billets de banque dans des pays les plus divers : Inde, Ukraine, Canada, Afrique du Sud, Argentine, Nigeria, Ghana, Maroc, Hong-Kong … Il se consacre entièrement à l’art visuel depuis 2018.

Vincent Moreau est membre de :

- « visarte », Société des artistes visuels, Suisse

- « La Fondation Taylor », Association des Artistes, Peintres, Sculpteurs, Architectes, Graveurs, Dessinateurs, France

- « Le Trait - Graveurs d'aujourd'hui », Association d’artistes graveurs, France

- « International Banknote Designers Association », Association des dessinateurs et graveurs de billets de banque, Switzerland

Mes dessins ou mes gravures naissent à partir de multiples esquisses, d’une manière spontanée, dans la concentration que cet élan induit. J’amorce ainsi une sorte de dialogue avec le sujet, une espèce d’investigation pour le comprendre, le saisir; et je m’installe peu à peu dans le temps du sujet. Le dessin lie d’un même geste la pensée et la main dans un élan. Ce sont des traits, des ébauches, des esquisses, qui amplifie l’humanisme. Le poète André Velter dit : « contrairement à la peinture, le dessin est de tous les temps, nullement tributaire des chronologies, des synopsis, des hiérarchies de l’histoire de l’art. »

 

 

L’œuvre picturale est originairement matière; il n’y a donc pas d’abord une forme clairement, définitivement identifiée au préalable et à représenter le plus fidèlement possible, mais une exploration matérielle et formelle qui donne lieu à autant de métamorphoses d’une trace sensible. Selon la formule de Michel Haas « La matière permet d’ouvrir de nouveaux champs visuels. Il n'y a pas, d'une part, des sujets et, de l'autre, une matière. Il y a une création permanente de l'image par la matérialité et, en même temps, celle-ci n'existe que parce qu'il y a une image. »

« Irrésistibles présences » - texte de Serge Le Diraison - philosophe - lors de l’Exposition personnelle à la galerie l’Echiquier, Paris 10ème

« Faut voir ce que ça donne ! » aime toujours à dire Vincent Moreau au fil de son chemin de recherche dont témoignent ses séries, explorations matérielles et formelles, inséparablement, autour d’esquisses préalables sur le motif, dont il ne reste plus que l’essentiel. Une vraie ascèse en noir et blanc, sans plus rien qui pose ou qui pèse, ni jolie rhétorique, ni confortable ou rassurante représentation décorative. Juste les griffures de la gravure; la densité nuancée des encres qui informe, structure sous nos yeux le jaillissement du phénomène, comme un cri. L’essentiel ? Précisément, la révélation de ce que ça donne à voir, la violence de la donation du visible, « ce qui manque d’une appellation » selon P. Valéry : le surgissement de l’intense présence qui porte le motif.  Le déferlement plus que la vague ; l’irrésistible avancée, plus que le navire ; l’élan de l’étreinte, plus que le détail des traits des amants ; la force concentrée de la lecture, plutôt que le visage du lecteur ; le mouvement de la chevelure, plutôt que la coiffure …

Il faut effectivement cette ascèse de la représentation, à laquelle nous convie Vincent Moreau, pour en revenir à l’essentiel, l’émotion de la vision, contre la reconnaissance léthargique des formes établies.